Une journée à Chauvigny

Visiter Chauvigny, et manger

On vient à Chauvigny pour la cité médiévale, le spectacle des rapaces ou le vélorail. Reste la question que personne ne pose avant d'arriver : à quelle heure on mange, et où. Voici de quoi caler la journée.

Les toits de la ville basse vus depuis la cité médiévale
La ville basse vue depuis les hauteurs de la cité médiévale. C'est là, quelque part sous ces toits, qu'on vous garde une table. Photo Kokin · domaine public

Combien de temps compter

Vélorail, grand parcours
2 h aller-retour sur 17 km, plus 30 minutes d'avance obligatoire au départ. Comptez 2 h 30.
Vélorail, mi-parcours
1 h 15 aller-retour sur 8 km, même quart d'heure d'avance. Comptez 1 h 45.
Les Géants du Ciel
45 minutes à 1 heure de visite, autant de spectacle. Comptez 2 heures sur place.
La cité médiévale, en visite guidée
1 h 30, au départ de l'office de tourisme.
La cité médiévale, à votre rythme
Les rues sont à tout le monde : une heure suffit pour en faire le tour, deux si vous vous arrêtez.

De notre côté, la cuisine sert de 12 h à 14 h et de 18 h à 21 h 30, du mardi au samedi. Entre les deux, le bar reste ouvert. Comptez à rebours depuis ces heures-là et la journée se cale toute seule.

Tout se fait à pied. Depuis notre porte, l'office de tourisme est à 370 mètres, l'entrée des Géants du Ciel à 410, le départ du vélorail à 660 - et il est en ville basse comme nous, pas là-haut. Chauvigny est à 23 kilomètres de Poitiers : c'est une journée qui se fait très bien depuis la ville, ou depuis le Futuroscope.

La cité médiévale

La ville haute tient sur un éperon rocheux de 350 mètres, pris entre la vallée de la Vienne et celle du Talbat. C'est un site défensif avant d'être une carte postale : perchés là-haut, ces châteaux verrouillaient l'axe Poitiers-Lyon, à la frontière orientale du comté de Poitou.

Ils sont cinq, groupés sur ce seul éperon - un ensemble qu'on ne retrouve nulle part ailleurs en Europe. Le château des Évêques, dit château baronnial, où résidaient les seigneurs de Chauvigny ; ceux de Montléon, d'Harcourt et de Gouzon ; et la tour de Flins. La seigneurie appartenait aux évêques de Poitiers, et le resta jusqu'à la Révolution. Peu de villes en France gardent autant de ruines et de vestiges du Moyen Âge au coeur d'un même quartier, et c'est ce qui fait venir les gens.

Le château d'Harcourt et le clocher de la collégiale
Le château d'Harcourt, l'un des cinq, et derrière lui le clocher de la collégiale : tout tient sur le même éperon. Photo Kokin · domaine public

Au bout de la rue, la collégiale Saint-Pierre, chef-d'oeuvre de l'art roman édifié au cours du 12e siècle. Ce sont ses chapiteaux qu'on vient voir de loin : sculptés de scènes religieuses, de monstres et de figures grimaçantes, ceux du choeur signés d'un certain Gofridus - l'un des rares sculpteurs romans à avoir laissé son nom. Cherchez l'Adoration des mages, et le personnage qu'on appelle le danseur. L'entrée est libre.

Le chevet roman de la collégiale Saint-Pierre
Le chevet de la collégiale Saint-Pierre, art roman du 12e siècle. Les chapiteaux sculptés sont à l'intérieur, dans le choeur. Photo Kokin · domaine public

On peut y monter seul, quand on veut : les rues de la ville haute ne ferment pas. Pour comprendre ce qu'on regarde, la visite guidée dure 1 h 30 et part de l'office de tourisme, 5 rue Saint-Pierre. Elle vaut le détour même pour qui connaît la ville.

La montée se fait à pied depuis la ville basse. Elle grimpe : prévoyez des chaussures, et de souffler en haut.

Les Géants du Ciel

Le spectacle de rapaces se donne dans l'amphithéâtre du château des Évêques, donc dans la cité médiévale elle-même : les deux visites s'enchaînent sans reprendre la voiture, et c'est le bon plan de la journée. Aigles, vautours, perroquets en vol libre au-dessus des remparts - les enfants s'en souviennent longtemps.

Comptez deux heures en tout, visite des volières comprise. La saison va du printemps à la fin septembre, et les heures de spectacle changent selon les semaines : vérifiez chez eux le jour où vous venez.

Le vélorail

C'est l'ancienne voie ferrée, qu'on remonte en pédalant le long de la Vienne sur des cyclo-draisines - mi-vélo, mi-wagonnet. Le grand parcours fait 17,4 km en 2 heures et traverse la rivière ; il enchaîne viaducs, ponts et passerelles, entre forêts, champs et prairies, avec une vue sur la cité médiévale qu'on n'a de nulle part ailleurs. Le mi-parcours fait 8 km en 1 h 15. On pédale à deux minimum, jusqu'à cinq par engin : c'est l'activité en famille de la ville, et la seule où les enfants pédalent plus fort que vous.

C'est une balade en pleine nature autant qu'une activité : on entend la rivière, on croise des hérons, et personne ne regarde son téléphone pendant deux heures. La saison va d'avril à la mi-novembre, plus large que celle des rapaces, et c'est en juillet et en août qu'il faut réserver le plus tôt. Le départ se fait 10 rue de la Folie, en ville basse, à quelques centaines de mètres de notre porte.

La Vienne à Chauvigny et ses rives boisées
La Vienne, que le vélorail longe et traverse. C'est ce qu'on regarde en pédalant, deux heures durant. Photo Kokin · domaine public

Le piège, c'est le rendez-vous obligatoire 30 minutes avant le départ, que tout le monde découvre sur place. Un grand parcours du matin vous rend donc libre vers midi - de quoi descendre déjeuner sans courir. Un départ de fin de journée vous ramène après la fermeture de notre cuisine : dans ce cas, mangez avant. Les horaires et les tarifs sont sur leur site.

Manger dans tout ça

On est en ville basse, 2 rue du petit pont, au pied de la montée. Le parking est à deux pas et il est gratuit : on laisse la voiture, on fait sa journée à pied, on la reprend le soir sans avoir tourné.

Le midi, c'est une formule entrée-plat-dessert dictée par le marché du matin, servie vite parce qu'on sait que l'après-midi est prise. Le soir, la cuisine passe aux assiettes à partager : on picore, on recommande, personne ne vous presse. Entre les deux services, le bar reste ouvert - un café en redescendant, une pression sur la terrasse, ça ne se refuse pas après deux heures de pédalage.

Tout s'emporte aussi, midi et soir. Un coup de fil le matin, on emballe, vous passez prendre en remontant vers la voiture.

Table dressée pour le midi, Chez Colette à
              Chauvigny
Le couvert est mis avant le coup de feu.

On peut manger en ville haute ?

Oui, et autant le dire franchement : il y a plusieurs bonnes adresses là-haut, à deux pas de la collégiale. Si votre idée est de déjeuner entre les remparts sans redescendre, elles sont mieux placées que nous.

Nous, on est en bas. Ce qu'on a pour nous, c'est le stationnement gratuit à deux pas quand la ville haute est piétonne et étroite, une terrasse sur la rue, et d'être ouverts entre les services quand tout le monde ferme. À vous de voir ce qui arrange votre journée.

Le samedi, c'est autre chose

Le marché de Chauvigny s'installe le samedi matin, l'un des plus grands du département. On ouvre à 8 h ce jour-là : le petit déjeuner est à 9 €, boisson chaude, viennoiserie, tartines et jus de fruits, en salle ou en terrasse pendant que le marché se monte - on raconte cette matinée-là en détail sur notre page d'accueil.

Et le samedi il n'y a pas de formule du midi : la cuisine passe en tapas dès 11 h. On picore entre deux courses, on repart, on revient. C'est notre plus belle journée de la semaine, et c'est aussi celle où il vaut mieux appeler avant de venir à plusieurs.

La terrasse et ses parasols, Chez Colette à
              Chauvigny
Aux beaux jours, la terrasse déborde sur la place.

Et aussi, si vous restez

Chauvigny ne se résume pas à ses trois grandes visites. Le donjon de Gouzon, bâti aux 12e et 13e siècles, se monte aujourd'hui par un ascenseur de verre signé Sylvain Dubuisson : de l'architecture contemporaine plantée dans une ruine médiévale. En haut, une terrasse panoramique ouverte sur toute la cité et sur la vallée de la Vienne - c'est de là qu'on comprend la ville d'un coup d'oeil. Il abrite l'Espace d'Archéologie Industrielle, le musée qui raconte les deux industries nées dans le pays chauvinois, la pierre et la porcelaine - une histoire qu'on ne soupçonne pas en regardant les remparts.

Le service du patrimoine ouvre aussi le musée des traditions populaires - intérieurs reconstitués du 19e siècle, costumes et coiffes, objets gallo-romains et médiévaux - l'église de Saint-Pierre-les-Églises et ses fresques, la Micro-Folie, et des visites à la bougie quand la nuit tombe tôt. Deux musées et une poignée de monuments : de quoi découvrir la ville sur deux jours plutôt qu'un.

De quoi tenir un week-end entier - et, honnêtement, de quoi revenir. On garde une table quand vous voulez : un coup de fil suffit.

Tireuse à bière au médaillon, Chez Colette à
              Chauvigny
Derrière ce comptoir, c'est Matthieu qui sert.